Renuerse.—«L’ivresse est un acheminement vers la folie.» Pythagore.

24, D’autant.—Aussi fréquemment et aussi copieusement qu’on vous 먹튀사이트 y convie par les toasts, sorte de défis courtois qu’on vous porte et dont la formule au temps de Montaigne était: «Je bois à vous»; à quoi l’on répondait: «Je pleige d’autant», qui peut se traduire: Et moi de même.—Les Juifs, à l’époque de Josèphe (67), étaient divisés en plusieurs factions; pour se défaire de lui, ses ennemis lui ayant envoyé un émissaire pour l’attirer dans un guet-apens, il enivra cet émissaire et apprit de lui les mauvais desseins qu’on avait sur sa personne. Josèphe, De Vita sua.

29, Yure.—Ces deux exemples sont tirés de Sénèque, Epist. 83, auquel, dans ce chapitre, plusieurs idées sont empruntées.

30, More Lyæo.—La citation diffère un peu du texte de Virgile dont elle est tirée.

31, Cassius.—L’instigateur du complot contre César, par haine de la tyrannie et aussi parce que celui-ci ne s’était pas prononcé pour lui quand il briguait le consulat; ce fut lui qui détermina Brutus, son beau-frère, à se mettre à la tête des conjurés (44).

35, Rang.—Du quartier où ils logent, du mot d’ordre, de leur place dans les rangs.

616,
4, Macedoine.—Justin, IX, 6.—Pausanias, jeune gentilhomme macédonien, outragé par Attale, grand de Macédoine qui, dans un festin, l’avait enivré pour abuser de lui, poignarda Philippe, quelque temps après, pour se venger de ce qu’il n’avait pu obtenir, de lui, justice de cette offense; Olympias, mère d’Alexandre le Grand, que Philippe venait de répudier pour épouser la sœur d’Attale, fut soupçonnée d’avoir poussé à ce meurtre (336).

16, Consent.—Qui se sentirait coupable de ce fait.

22, Vice.—On peut même dire que les Livres saints n’y sont pas absolument opposés: «Donnez à ceux qui sont affligés, lit-on aux Proverbes, XXXI, 6 et 7, une liqueur qui soit capable de les enivrer, et du vin à ceux qui sont dans l’amertume du cœur; qu’ils boivent et qu’ils oublient leur pauvreté et perdent pour jamais la mémoire de leur douleur.»

25, D’autant.—C.-à-d. de se donner liberté de boire autant qu’ils veulent. La suppression de ce complément «d’autant» amènerait un sens tout opposé et signifierait s’exempter de boire.

25, L’ame.—Ce reproche de s’adonner à l’ivrognerie a été adressé à maints hauts personnages, entre autres: à Philippe de Macédoine; à son fils Alexandre; à l’empereur Trajan; à Michel III, empereur d’Orient (842 à 867), surnommé l’Ivrogne; à Selim II, empereur ottoman, le vaincu de Lépante, auquel fut donné ce même sobriquet; à Pierre le Grand de Russie (1672 à 1725).

F.432 27, Ferunt.—Ce qui ne veut pas dire que Socrate s’enivrât; aussi bien sous ce rapport que sous tous autres, ses mœurs étaient irréprochables, et rien, dans les accusations portées contre lui par ses ennemis, ne porte à supposer le contraire. V. III, 690.

28, Ce censeur... autres.—Et la vraye image de la vertu stoique (var. des éd. ant.).

30, Virtus.—J.-B. Rousseau a ainsi paraphrasé ces deux vers d’Horace:

La vertu du vieux Caton,
Chez les Romains tant prônée,
Était souvent, nous dit-on,
De falerne enluminée.
«On a reproché à Caton l’Ancien de s’enivrer; ceux qui lui adressent ce reproche me feront plus facilement voir une vertu qu’un vice chez Caton; il réjouissait par le vin son esprit fatigué des affaires publiques.» Sénèque.—Plutarque ne semble pas admettre cette sorte de réhabilitation: «Au commencement, dit-il, Caton l’Ancien ne consacrait que fort peu de temps à ses repas, ne buvant qu’un seul coup; après quoi, il se levait; mais, dans la suite, il prit plaisir à boire et passait souvent une grande partie de ses nuits à table.»—V. N. II, 586: Caton le Censeur.

32, Cyrus.—Plutarque, Artaxerxès, 2.—Il s’agit ici de Cyrus le Jeune. V. N. I, 524: Perses.

36, Paris.—Célèbre par son avarice, qui lui valut de Buchanan une épitaphe en latin dont voici la traduction: «Ci-gît Silvius qui jamais ne donna rien gratis; mort, il gémit de ce que, gratis, tu peux lire ceci.»—Silvius passait pour l’homme de son temps parlant la langue latine avec le plus de pureté et d’élégance.

38, S’engourdir.—C’était aussi, paraît-il, l’avis d’Hippocrate. Payen.—L’éd. de 88 aj.: Platon luy attribue le mesme effect au seruice de l’esprit.

39, Affaires.—Hérodote, I, 133, et autres auteurs.—Les Perses discutaient bien le verre en main des affaires sérieuses, mais sans prendre de décision, laquelle était toujours remise au lendemain où la discussion reprenait alors qu’ils étaient de sang-froid.

618,
27, Lots.—Dix bouteilles, huit litres.

34, Ressiners.—Goûter, collation qu’on fait après le dîner; vient de recænare, fait de cæna, dîner, le repas du milieu de la journée.—«Il n’est desjeuner que d’escholiers; disner que d’advocats; ressiner que de vignerons; souper que de marchands.»

40, L’amour.—«Sans Cerès et Bacchus, Vénus est languissante.» Térence, Eunuque; contradiction qui n’est qu’apparente, Montaigne ne parlant ici que de l’abus du vin poussé jusqu’à l’ivresse.

620,
6, Marc Aurele.—Cette histoire de Marc-Aurèle ou l’Horloge des Princes, parue en 1629 à Valladolid (Espagne), est présentée par les critiques de l’époque comme un tissu d’inventions indignes d’un écrivain qui se respecte et a fortiori d’un évêque (Guerara, qui en était l’auteur, était évêque de Cadix); cet ouvrage, nonobstant très estimé en Espagne par ses contemporains, a été traduit en français deux ans après sa publication et en plusieurs autres langues.

15, Barre.—Jeter la barre; cet exercice a été remis en pratique depuis qu’en ces derniers temps la gymnastique de chambre est en faveur; c’est ce qui s’exécute soit avec des haltères, soit des boules accouplées par une barre.

16, Plombees.—Madame de Genlis faisait porter de semblables souliers à ses élèves Louis-Philippe d’Orléans, devenu roi de France, et sa sœur Madame Adélaïde.

16, Prim-saut.—De son agilité; littéralement du premier saut.—Prin ou prim est un vieux mot qui signifie premier; il nous reste dans «printemps», F.433 primum tempus. De primsault est venu «primsaultier», dont Montaigne se sert ailleurs en parlant de lui-même et qui, encore en usage, signifie un homme de prompte décision, prenant parti d’après sa première impression (V. N. II, 64: Primsautier).

17, Miracles.—Au nombre de ces petits miracles, on peut ranger la naissance de son dernier fils Mathecoulom, né le 20 août 1560, alors que lui-même était du 29 septembre 1495; ce Benjamin avait donc été engendré à plus de 64 ans.

18, Alaigresses.—De notre agilité, ou plutôt de notre peu d’agilité; vient du latin alacritas, qui a même sens qu’agilitas.

21, Propos.—De la chasteté.

22, Nommée.—Qui méritât d’être mal famée, qui eût mauvaise réputation.

30, Italie.—Le père de Montaigne, Pierre Eyquem, écuyer, seigneur de Montaigne, était né à Montaigne en 1495 et y mourut en 1568. Il demeura plusieurs années aux armées, fit la guerre en Italie sous Charles VII, fut maire de Bordeaux de 1554 à 1556; occupa un siège de conseiller à la cour des aides de Périgueux en 1554, quand cette cour fut créée, et le transmit l’année suivante à son fils; en cette même année 1554, il reconstruisait l’habitation de son domaine qu’il fortifia, la mettant en état de se défendre, ce qui n’était pas superflu, à cette époque où pour sa sûreté il fallait compter plus sur soi-même que sur les pouvoirs publics. Pierre Eyquem avait épousé en 1528 Antoinette de Louppes qui mourut en 1597; il en eut huit enfants, cinq fils dont Michel Montaigne était l’aîné et trois filles; elle était protestante, lui-même était catholique; deux de leurs enfants (un fils et une fille) furent protestants.

30, Bouteilles.—Au sujet qui nous occupe, qui a trait à l’ivrognerie.

33, Plaisir.—Naturel (add. de 80).

622,
3, Prix.—Quoique plus réservé ici que dans d’autres passages de son livre, Montaigne n’en reste pas moins très compréhensible.

10, Manger.—Les Orientaux ne boivent pas pendant les repas, mais seulement lorsqu’ils ont fini; ils étaient étonnés de voir, en Égypte, les Français faire autrement. Payen.

13, A mesme.—Aussitôt que, lorsque.

15, Anacharsis.—Diogène Laerce, I, 104.

19, Platon.—Lois, liv. II.

20, Ans.—Une loi, portée par Zaleucus, défendait aux Locriens, sous peine de mort, de boire du vin, à moins que ce ne fût comme médicament et sur l’ordre d’un médecin.—A Marseille, il en était une prescrivant à la femme de ne boire que de l’eau.—A Rome, le vin était interdit aux esclaves, aux femmes libres et aux adolescents jusqu’à trente ans; une dame romaine ayant forcé le tiroir où son mari serrait la clef du vin, fut condamnée à mourir de faim; Mécénius tua la sienne pour en avoir bu et fut absous. Salmuth.

25, Loix.—Liv. II, vers la fin.

35, Publiques.—«Ce n’est point aux rois de boire du vin, ni aux puissants de rechercher les liqueurs fermentées, de peur qu’en buvant ils n’oublient la loi et ne faussent le droit de tous les malheureux.» Livre des Proverbes, XXX, 4 et 5.

624,
1, Enfants.—Cette exception concernant aussi bien les femmes que les hommes, pour observer le précepte de Platon, ils auraient donc dû se donner le mot, quand ils étaient dans cette intention. Coste.